Jason Fridley, professeur à l’université de Clemson (Caroline du Sud), est depuis le 1er juin chercheur CNRS au sein du laboratoire Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (EDYSAN – UPJV/CNRS), spécialisé dans l’étude des effets des changements dits « globaux » sur les écosystèmes et les agrosystèmes.
Avec son projet FORINV, le chercheur se concentre sur les espèces invasives, en particulier certaines catégories d’arbres non-natifs, et étudie leurs mécanismes de croissance et de réponse aux stress (températures, sécheresse…). « Il est essentiel d’observer les espèces invasives à la fois dans leur environnement d’origine et dans leur nouveau milieu, car leur comportement évolue de manière difficile à prédire », explique-t-il. « Dans le cadre de ce projet, j’ai l’opportunité d’étudier des arbres d’importance mondiale pour le fonctionnement des écosystèmes, comme le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) et le chêne rouge (Quercus rubra), à la fois dans leur milieu d’origine (aux États-Unis) et ici en France, où leurs rôles écologiques diffèrent considérablement. »
Pour travailler en France, Jason Fridley a bénéficié du soutien de l’ANR, via le dispositif Choose France for Science. Ce dispositif offre la possibilité aux scientifiques étrangers de poursuivre librement leurs travaux aux côtés de leurs collègues établis en France, en bénéficiant du dynamisme scientifique national et de moyens dédiés pour accompagner cette transition. « J’adore travailler en France ! J’ai la chance de collaborer avec les chercheurs d’EDYSAN depuis plus de dix ans, une collaboration fructueuse qui a abouti à plusieurs découvertes », souligne-t-il. « Ce laboratoire est exceptionnel : tous les équipements et les installations dont j’ai besoin pour mes recherches s’y trouvent. Je côtoie également une communauté de chercheurs dynamique, à l’intersection du changement climatique et de l’écologie forestière, regroupant des historiens, des chimistes ou encore des biologistes. Cet appel à candidatures est intervenu au bon moment : nous cherchions justement à renforcer notre collaboration ! »
La Région Hauts-de-France a également soutenu le chercheur dans le cadre des Fonds européens de développement régional (FEDER), action PR01-RSO1.1-1 « Soutien à l'ouverture et à l'internationalisation des laboratoires de recherche ». Grâce à ces financements, Jason Fridley pourra utiliser des capteurs de pointe pour suivre en même temps et in situ le comportement de centaines de plantes, avec une résolution spatiale et temporelle inédite. Il montera également une toute nouvelle équipe internationale de recherche à partir de septembre 2026 avec deux doctorants, un post-doctorant et un technicien.
Avec ces ressources et ces moyens humains, Jason Fridley espère « fournir des prédictions sur l’évolution des forêts en France et dans le reste de l’Europe dans un monde plus chaud et plus sec, et évaluer si les arbres invasifs non natifs pourraient s’étendre dans certains scénarii climatiques. Ce projet pourrait également nous aider à mieux comprendre leur potentiel invasif, tant aux États-Unis qu’en Europe, alors que le climat change de manière inédite, y compris avec l’augmentation du CO₂. »
Une avancée scientifique qui pourrait éclairer les stratégies de gestion forestière à l’échelle mondiale et avoir des retombées majeures pour la biodiversité de demain.
La biographie de Jason Fridley
Après avoir obtenu son doctorat en 2002 à l’université de Chapel Hill (Caroline du Nord), Jason Fridley a occupé plusieurs postes de postdoctorant en Caroline du Nord et à Sheffield, en Angleterre. Il a ensuite enseigné pendant 16 ans à l’université de Syracuse (État de New York), période durant laquelle il a également dirigé le Buxton Climate Change Impacts Laboratory, dans le nord de l’Angleterre, laboratoire historique sur l’étude des effets du changement climatique sur la flore depuis plus de 30 ans. Parallèlement à son poste au CNRS, Jason Fridley est actuellement professeur à l’université de Clemson (Caroline du Sud), où il dirige un laboratoire dédié à l’écologie forestière et au changement climatique.