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Université de Picardie Jules Verne

Ségur de la santé : "Une réforme du système de santé sans Formation ni Recherche n’a aucun sens"

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Actualité

Tous les présidents d’université, doyens et directeurs des facultés de santé interpellent le Gouvernement sur les enjeux de formation et de recherche dans le cadre du Ségur de la Santé. Et avancent une série de propositions pour bâtir les fondations d’un système de santé moderne.


Citadelle

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PROPOSITIONS - Consulter les Propositions conjointes des présidents d’université et des conférences de doyens des UFR de santé (pdf).

TRIBUNE - Consulter la tribune de tous les présidents d’université, doyens et directeurs des UFR de santé (pdf) :

Le 25 mars 2020, à Mulhouse, le Président de la République « a pris un engagement auprès de toutes les femmes et les hommes mobilisés dans la crise du covid-19 », en annonçant un plan massif d’investissement pour l’hôpital et de revalorisation de l’ensemble des carrières. En proposant récemment un « Ségur de la santé », le chef de l’Etat a exprimé la volonté de mettre en place « un système plus souple, plus simple, plus en proximité, en revalorisant le collectif, le sens de l’équipe et l’initiative des professionnels », et de procéder à une révision de l’organisation du système de santé « fondée sur le territoire ».

L’ouverture de ce chantier est une excellente nouvelle. Les premières annonces du Ministre des solidarités et de la Santé, avec plusieurs milliards d’euros pour l’investissement et le fonctionnement des hôpitaux, sont fortes. Après l’effort consenti ces derniers mois par l’ensemble des personnels soignants, effort qui a pu mettre au jour les limites et les fragilités de notre système de santé, il faut évidemment se réjouir de cette prise de conscience politique : il est en effet urgent de repenser l’hôpital au sein de notre système de santé, d’inventer l’hôpital de demain.

Cet hôpital, celui du futur, celui que la population d’un pays comme le notre est en droit d’attendre, devra toujours s'appuyer sur des centres hospitaliers et universitaires, c'est à dire des centres hospitaliers régionaux liés aux universités. En effet, pour garantir la santé de nos concitoyens, il faut impérativement lier les soins à la formation et à la recherche médicale.

Ainsi, il ne suffira pas de rafistoler le CH&U de 1958 pour répondre à cette ambition. Il ne s’agit pas d’un problème de gouvernance, d’opérateur de formation et de recherche, ni de management, mais bien d’un problème de concept : la structuration hospitalo-centrée que nous connaissons est révolue.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont mené une politique de santé focalisée sur le soin curatif, mais qui est restée très en retard sur les questions de santé publique, de prévention et d’éducation sanitaire. Où sont aujourd’hui les écoles universitaires de santé publique dont nous aurions besoin ?

Le système de santé et ses hôpitaux doivent pouvoir bénéficier d’un spectre très large de disciplines universitaires, ouvertes sur les sciences économiques, sociales et politiques, pour relever les défis posés à la santé publique et former aux métiers de demain.

Pour tirer les leçons de la crise que nous traversons, il est donc indispensable de s’attaquer de front aux difficultés rencontrées par ces Centres Hospitaliers et Universitaires. Ils doivent redevenir les centres de soin, de formation et de recherche scientifique de renommée mondiale qu’ils étaient par le passé. Or, si le modèle des centres hospitaliers et universitaires s’essouffle, il semble que le « Ségur de la Santé » regarde, pour l’instant, ailleurs. Il cloisonne les enjeux de santé publique en les limitant artificiellement à l’hôpital seul, comme s’il s’agissait d’une entité administrative isolée. Ce faisant, il ne prend pas en considération ces sujets essentiels à la délivrance des soins que sont la formation des futurs médecins, des autres professionnels de santé, et la recherche scientifique sur laquelle elle repose.

Pas de réflexion sur l’hôpital de demain sans y intégrer la formation : or, depuis 2013, le nombre d’enseignants-chercheurs-praticiens hospitaliers en poste pour encadrer les étudiants en santé a baissé de près de 7 %, tandis que les effectifs étudiants n’ont cessé d’augmenter et continueront encore de s’accroître. Pas de réflexion sur l’hôpital de demain sans y intégrer la recherche : or, comme le soulevait la Cour des comptes en décembre 2017, notre pays est descendu au cinquième rang mondial des publications à fort impact en biologie fondamentale, et au huitième rang en recherche médicale. La France doit retrouver son rang de grande puissance scientifique mondiale : il n’est pas aujourd’hui possible de l’imaginer sans une dimension forte de la santé.

Si l’ambition du « Ségur de la Santé » est bien de faire de la France un pays leader en matière de prévention et de soin, et de remettre le pays à la place qu’il mérite en matière de santé publique, il doit embarquer dans sa réflexion les CH&U. Nos patients méritent d’être soignés avec ce que la recherche a de meilleur à leur offrir. Nos futurs médecins doivent être formés au contact des dernières découvertes médicales et selon des techniques pédagogiques de pointe. Il est indispensable de conforter, comme le font les pays en pointe dans la recherche en santé et la médecine, le lien entre santé, formation des futurs médecins et recherche médicale.

Parce que c’est l’avenir de notre politique de recherche, de formation et d’innovation dans le domaine de la santé qui est en jeu, nous, présidents d’université, doyens de santé, appelons à une véritable refonte des centres hospitaliers et universitaires, qui renforce leur intégration au sein de l’université pour répondre aux enjeux révélés et amplifiés par la crise actuelle.

L’organisation des CH&U de demain doit s’appuyer sur la création de pôles de recherche, dotés des moyens de soutien performants, à la fois en termes techniques, méthodologiques et organisationnels que seule une certaine masse critique peut permettre ; sur le développement de l’interdisciplinarité, indispensable à l’innovation médicale ; et enfin, sur la multiplication des dispositifs d’inclusion de patients dans des essais cliniques.

Briser le lien essentiel entre l’université, ses facultés de santé et l’hôpital ferait courir un risque majeur à la qualité de la médecine dans notre pays. Les universités sont aujourd’hui prêtes à contribuer à une grande réforme des Centres Hospitaliers et Universitaires français. Elles seules ont la possibilité de fédérer la recherche, de la relier à la formation des étudiants en santé et aux soins des patients.

Par les présidents d’université, doyens de facultés et directeurs suivants :
  • Pr. Gilles ROUSSEL, Président de la Conférence des présidents d’université ;
  • Pr. Patrice DIOT, président de la Conférence des doyens des facultés de médecine ;
  • Pr. Bernard MULLER, président de la Conférence des doyens des facultés de pharmacie ;
  • Pr. Reza ARBAB-CHIRANI, président de la Conférence des doyens des facultés d’odontologie ;
  • Pr. Véronique LECOINTE, présidente de la Conférence nationale des enseignants en maïeutique ;
  • Les présidents d’université, les doyens et directeurs des facultés et écoles de médecine, de pharmacie, d’ontologie, de maïeutique des établissements suivants : Aix-Marseille Université ; Sorbonne Université ; Université de Tours ; Université Claude Bernard Lyon 1 ; Université Clermont Auvergne ; Université Côte d'Azur ; Université d'Angers ; Université de Montpellier ;Université de Bordeaux ; Université de Bourgogne ; Université de Bretagne Occidentale ; Université de Caen Normandie ; Université de Corse ; Université de Franche Comté ; Université de Guyane ; Université de la Polynésie Française ; Université de La Réunion ; Université de Lille ; Université de Limoges ; Université de Lorraine ; Université de Nantes ; Université de Nouvelle Calédonie ; Université de Paris ; Université de Picardie Jules Verne ; Université de Poitiers ; Université de Reims - Champagne Ardenne ; Université de Rennes 1 ; Université de Strasbourg ; Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines ; Université des Antilles ; Université Grenoble Alpes ; Université Jean-Monnet Saint-Etienne ; Université Paris Est Créteil Val-de-Marne ; Université Paris Saclay ; Université Rouen Normandie ; Université Sorbonne Paris Nord ; Université Toulouse III - Paul Sabatier.

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