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Les espèces marines devancent les espèces terrestres dans la course au réchauffement.


Migration espèces marines versus terrestres - Photo de Gaël Grenouillet

Migration espèces marines versus terrestres - Photo de Gaël Grenouillet

Avec le réchauffement climatique, des espèces migrent pour retrouver un environnement qui leur est clément. Et ce sont les espèces marines qui sont en tête de la course, se déplaçant jusqu’à six fois plus vite vers les pôles que leurs congénères terrestres, freinées par la pression des activités humaines.
Ce déséquilibre qui se creuse en milieu terrestre entre la redistribution des espèces animales et végétales et la vitesse à laquelle le climat se réchauffe, interroge quant à la capacité d’adaptation des organismes terrestres face au réchauffement attendu pour le 21e siècle. Le rôle majeur des activités humaines, qui tantôt limitent et tantôt accélèrent l’inévitable redistribution de la biodiversité face au changement climatique, est un élément qui devra être mieux pris en compte dans les modèles scénarisant le futur de la biodiversité.
 
Ce sont les derniers résultats d’une étude franco-américaine, impliquant principalement des scientifiques du CNRS, de l’Ifremer, de l’Université Toulouse III Paul Sabatier et de l’Université de Picardie Jules Verne*. L’étude, dont Jonathan Lenoir du laboratoire EDYSAN de l’UPJV est premier auteur, est publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution du 25 mai 2020.




Les détails de l'étude :

Le réchauffement global entraîne une migration invisible, vers les pôles en latitude et vers les sommets des montagnes en altitude, des lignes qui unissent les lieux jouissant d’une même valeur de température moyenne annuelle et que l’illustre Alexander von Humboldt a dénommé « isothermes ». En réponse à cela, de nombreuses espèces modifient leurs aires de répartition en suivant le déplacement de ces isothermes pour retrouver des conditions climatiques qui sont favorables à leur développement et leur survie.
 
En analysant la vitesse de déplacement des aires de répartition de plus de 12 000 espèces animales et végétales en fonction de celle des isothermes en latitude et en altitude, les chercheuses et chercheurs de la présente étude ont mis en évidence que les espèces marines sont capables de suivre, dans certaines conditions, la migration invisible des températures vers les pôles. Leurs données sont mises à disposition dans la base de données BioShifts, contenant plus de 30 000 observations de déplacement d’espèces issues de 258 études publiées dans des journaux scientifiques, pendant la période actuelle de réchauffement climatique et couvrant parfois plus de deux siècles d’histoire.
 
Les auteurs ont par ailleurs montré que cette course effrénée à la poursuite des isothermes est modulée par la pression des activités humaines (pêche, aquaculture, agriculture, sylviculture, urbanisme), accélérant ou ralentissant le déplacement des espèces dans leur poursuite de conditions climatiques favorables.
Par exemple, en mer du Nord, l’effet de la surpêche qui accentue la sensibilité des populations de poissons à la marge chaude de leur distribution est parfois compensée par une gestion aquacole raisonnée qui favorise les populations de poissons à la marge froide de leur distribution, accélérant ainsi le déplacement des aires de répartition vers le pôle.
En revanche, sur terre, les activités humaines (urbanisme, agriculture, sylviculture) agissent comme des barrières physiques qui fragmentent et isolent les habitats naturels, ralentissant ainsi la redistribution des espèces animales et végétales vers les pôles.
 
 
 
 
Note
* Les principaux laboratoires français sont les laboratoires « Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés » (CNRS/Université de Picardie Jules Verne) et « Evolution & diversité biologique » (CNRS/Université Toulouse III Paul Sabatier/ENFA), la Station d'écologie théorique et expérimentale (CNRS/UT3 Paul Sabatier), et le Centre pour la biodiversité marine, l'exploitation et la conservation (CNRS/Université de Montpellier/Ifremer/IRD).
 
Références de l’article:
Species better track climate warming in the oceans than on land. Jonathan Lenoir, Romain Bertrand, Lise Comte, Luana Bourgeaud, Tarek Hattab, Jérôme Murienne, Gaël Grenouillet, Nature Ecology & Evolution, 25 mai 2020
doi: 10.1038/s41559-020-1198-2
 
Contact :
Jonathan Lenoir, écologue chargé de recherche CNRS, EDYSAN / UPJV
+33 (0)3 22 40 51 25 / +33 (0)7 62 82 94 40
jonathan.lenoir@u-picardie.fr
 
 
 
 

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