Frédérique Spill, une voix internationale de Faulkner à l’UPJV

Distinction

Depuis le 1er janvier 2025, Frédérique Spill, professeure de littérature américaine à l’UPJV et directrice de CORPUS entre 2018 et 2025 (UR UPJV 4295), occupe les fonctions de Présidente de la William Faulkner Society. Première non-Américaine à se voir confier cette responsabilité, elle incarne une figure reconnue des études faulknériennes et contribue activement au rayonnement international de l’université.

« Un premier coup de foudre » : c’est avec ces mots que Frédérique Spill choisit de décrire sa rencontre avec l’œuvre de William Faulkner. Alors étudiante en licence d’anglais, elle découvre le roman Light in August, une lecture décisive qui ouvre la voie à un parcours universitaire durablement marqué par l’écrivain.

Après l’agrégation, Frédérique Spill part aux États-Unis comme assistante à Louisiana State University. Installée à Baton Rouge, elle se trouve alors à quelques heures d’Oxford, Mississippi, la ville où Faulkner a vécu et écrit, et qu’il a transposée dans son œuvre. « J’ai mis des lieux et des images sur ce que je lisais », explique-t-elle. Cette proximité géographique et culturelle agit comme un révélateur.

En 2007, Frédérique Spill est recrutée en tant que maîtresse de conférences en littérature américaine à l’UPJV, après avoir soutenu une thèse de doctorat consacrée à Faulkner à la Sorbonne Nouvelle. Professeure depuis 2019, elle poursuit depuis un travail d’enseignement et de recherche étroitement lié à l’œuvre de l’écrivain.

Une écriture singulière au cœur de la fascination

Ce qui fascine avant tout Frédérique Spill dans l’œuvre de Faulkner, c’est sa langue. Elle insiste sur « l’inventivité poétique et narrative » de l’auteur, sur un style profondément singulier qui bouscule les formes traditionnelles du récit. « C’est une écriture qui laisse vraiment place à la sensation », souligne-t-elle.

Cette inventivité formelle va de pair avec une polyphonie complexe. « Faulkner donne la parole à ceux qui ne l’ont pas d’habitude », rappelle Frédérique Spill, évoquant la multiplicité des points de vue qui traverse l’œuvre. Ancrés dans l’histoire du Sud des États-Unis, ses textes font entendre des voix marginalisées, sans jamais renoncer à une exigence stylistique extrême.

À l’UPJV, Faulkner occupe une place importante dans l’enseignement de Frédérique Spill. « Jusqu’à récemment, j’enseignais un roman de Faulkner sur l’intégralité du dernier semestre de troisième année de licence », précise-t-elle. Aujourd’hui encore, ses nouvelles sont régulièrement intégrées à ses cours de littérature américaine, permettant aux étudiants de découvrir une œuvre profondément marquante.

Une présidence tournée vers l’international

La nomination de Frédérique Spill à la présidence de la William Faulkner Society constitue une reconnaissance majeure. « C’est un grand honneur, d’autant plus que je suis la première non-Américaine à qui l’on propose cette responsabilité », se réjouit-elle. Cette fonction lui confère une visibilité nouvelle au sein des études faulknériennes internationales.

Dans le contexte américain contemporain, où Faulkner est souvent relu à travers le prisme de la question raciale, elle observe que « l’on tend parfois à oublier la puissance littéraire de l’œuvre ». En tant que Présidente, elle souhaite remettre au centre l’inventivité narrative de Faulkner et la singularité de son écriture, tout en encourageant des lectures ouvertes et plurielles.

Cette action s’inscrit dans une dynamique résolument internationale, nourrie par le dialogue avec des chercheurs du monde entier. En 2026, Frédérique Spill représentera la William Faulkner Society lors de grands congrès internationaux à Oxford (Mississippi), Toronto, Chicago et Bologne, où elle présentera les travaux de la société savante ainsi que ses recherches en cours, dont une monographie en anglais consacrée à l’œuvre de jeunesse de Faulkner.

Un engagement remarquable, contribuant pleinement au rayonnement international de l’UPJV.