Marie Chabrol

Maîtresse de Conférences

Géographie

 

Mes recherches, ancrées en géographie sociale, se situent à l’articulation des études urbaines, des études migratoires et des études sur la pauvreté et la précarisation en France et en Belgique.

Après une thèse sur la gentrification d’un quartier marqué par l’immigration africaine à Paris, j’ai collaboré à plusieurs projets de recherches pluridisciplinaires sur la transformation des métropoles européennes sous l’effet des dynamiques migratoires et de gentrification. Ces travaux ont mis en lumière la résilience de certains quartiers populaires et immigrés, et la montée en puissance de nouvelles formes de précarisation dans des villes de plus en plus gentrifiées.

Depuis plusieurs années, j’étudie la coexistence de dynamiques d’accueil et de rejet en ville et les inégalités produites par ces tensions entre ville «solidaire» et ville «exclusive». Je coordonne actuellement le projet de recherche THERMAPOLIS, financé par l’ANR (2021-2024).

Ses Projets de recherche

ANR THERMAPOLIS - Les bains-douches : un service public original entre histoire et devenir (2021-2024)

Financé par l'ANR dans le cadre de l'AAP Jeunes Chercheurs Jeunes Chercheuses et porté par l'Université de Picardie Jules Verne, ce projet pluridisciplinaire (histoire, géographie, sociologie) vise, à travers l’étude diachronique des bains-douches et des douches associatives en ville, à mieux comprendre le phénomène de la précarité hydrique. La recherche croise deux entrées : par les politiques publiques anciennes et actuelles et par les expériences  et les trajectoires des personnes qui ont un accès à l'eau réduit ou inexistant. Ce projet s’attache aussi à décrypter les hybridations dans les modes de gestion, entre public et privé, institutionnel et associatif, afin de comprendre comment s’exprime la solidarité à différentes époques et dans divers contextes urbains. Plus largement, les douches publiques et associatives sont une entrée pour saisir l’évolution des politiques sociales et urbaines. Blog de recherche sur Hypotheses.org

La figure du consommateur immigré - Programme CIERA (2015-2017)

Ce programme financé par le CIERA a permis de croiser les recherches menées en France et en Allemagne sur la thématique du consommateur immigré. A travers une série d’échanges scientifiques franco‑allemands qui se sont déroulés entre 2015 et 2017, l’ambition était de faire émerger un nouveau champs de recherche, croisant deux thématiques traditionnellement abordées séparément - celle des migrations d’une part, et celle de la consommation d’autre part - et de faire dialoguer des historiographies qui se connaissent peu ou pas du tout du fait de la barrière de la langue et du manque de réception des travaux existants.

Rester en (centre-)ville : résistance et résilience de la ville ordinaire dans quatre quartiers de villes capitales : Paris, Lisbonne, Bruxelles et Vienne (2014-2016)

Certains quartiers marqués par des processus structurants de gentrification sont des laboratoires où s’élaborent des moyens de faire face à la pauvreté, à la dégradation des conditions d’emploi, de logement et de certains espaces publics. Partant du terrain, nous avons recueilli les récits et représentations des habitants soutenant de telles pratiques en laissant place aux plus modestes d’entre eux, migrants, étrangers, chômeurs. Ce programme de recherche, financé par le PUCA pour la consultation de recherche « Ville ordinaire et métropolisation », et porté par l’UMR 7218 Lavue, CNRS/ENSA Paris Val-de-Seine, a donné lieu à un rapport, des articles et communications et une exposition de photographie qui a circulé dans les différentes villes étudiées (Paris, Bruxelles, Lisbonne et Vienne).

Le commerce alimentaire "ethnique", entre pratiques communautaires et vivre-ensemble. Une comparaison de quartiers parisiens (2013-2015)

Financé par la Ville de Paris dans le cadre de l'AAP "Paris 2030" et porté par l'UMR EnEC, CNRS / Université Paris Sorbonne, ce programme pluridisciplinaire a contribué à l'analyse comparée de 6 quartiers parisiens de « centralités minoritaires », qui articulent dans leur fonctionnement toutes les échelles de la métropolisation. Ce projet est revenu sur la notion de commerce « ethnique » en analysant les processus d’identification à l’œuvre dans les échanges marchands de produits alimentaires, et les processus de labellisation présentes dans les stratégies entrepreneuriales, les pratiques de consommation et les discours publics et médiatiques. Finalement il a montré comment, de manière parfois peu visibles, souvent paradoxale et toujours changeante, ces commerces ont un rôle majeur dans les processus d’identification, de construction ou d’effacement de l’altérité qui se jouent sur la scène urbaine locale.