PCR ARPEGECompiègne

Projet Collectif de Recherches « Archéologie, paysages et environnements en forêt de Compiègne »

période 2019-2021

Porteur : Jérôme Buridant

Le projet collectif de recherches « Archéologie, paysages et environnements en forêt de Compiègne » (ARPEGECompiègne) a été mis en place pour la période 2019-2021, après une autorisation du Ministère de la Culture. Il regroupe aujourd’hui 20 chercheurs.

Ce programme couvre l’ensemble de la forêt domaniale de Compiègne. L’objectif de ce PCR est une étude diachronique et dynamique des rapports entre l’histoire de l’occupation du sol et l’environnement, sur des sites aujourd’hui forestiers. Il s’étend de la proto-histoire aux périodes actuelles. Porté par l’UMR EDYSAN, il permet d’associer l’établissement public responsable de la gestion conservatoire des sites, en l’occurrence l’Office national des forêts, les services du Ministère de la Culture responsables de l’inventaire et du suivi scientifique et technique (Service régional de l’archéologie), l’INRAP et l’UMR 8596 (Centre Roland Mousnier, Université de Paris IV-Sorbonne), qui travaillent depuis de nombreuses années sur cette forêt. En second lieu, il vise à amorcer des partenariats avec d’autres acteurs de la recherche potentiellement intéressés par le projet, notamment pour des études plus spécialisées (ADN fossile, palynologie, carpologie, anthracologie par exemple). Une phase importante de développements méthodologiques et technologiques, liée à cette étude collective du massif forestier est dès à présent prévue.

Ce projet est structuré en quatre axes :

Axe 1 : Renforcer la connaissance des parcellaires anciens fossilisés sous couvert forestier.

Comme dans d’autres forêts, l’imagerie LiDAR a permis de mettre en évidence de nombreux « parcellaires » anciens. Ces entités peuvent être concordantes avec des sites protohistoriques, antiques ou médiévaux. Elles peuvent présenter des typologies spécifiques, et des discordances morphologiques permettant d’élaborer une chronologie relative. Des parcellaires à maille large et relativement régulière, probablement antiques, couvrent une surface très importante au Sud et à l’Ouest du massif de Compiègne, même si les traces observées sur le plateau peuvent se superposer avec d’anciens parcellaires de champs ou de parcs de l’époque médiévale ou moderne. Cette étude permet de mettre l’accent sur la caractérisation chronologique des phases d’occupation, par une confrontation systématique et claire des données LiDAR et des données issues de la prospection pédestre et des fouilles. Au sein des sols l’impact des héritages des anciennes pratiques agraires (labours, amendements, fertilisation) sur la productivité de biomasse végétale pourra, à la suite de ce projet, faire l’objet d’une analyse spatiale.

Axe 2 : Renforcer la connaissance des habitats disparus.

Les recherches sur le massif de Compiègne ont jusqu’à présent essentiellement concerné les sites d’époque antique. Il s’agit de compléter l’inventaire des sites archéologiques et de renforcer leur connaissance. Le PCR se concentre sur la datation de ces établissements, via des sondages et l’étude des sources écrites, non seulement pour mieux mettre en avant la dynamique des finages auxquels ils participent, mais encore pour mieux comprendre les activités agro-pastorales et les phases de boisement du massif. Les images LiDAR ont aussi révélé de nombreux aménagements hydrauliques, liés à des moulins médiévaux comme à des entreprises de drainage de l’époque moderne. L’étude archéologique et géoarchéologique d’un site pourrait permettre de mieux faire le lien entre ces aménagements et le milieu naturel (modifications du lit de la rivière et du transit sédimentaire par exemple).

Axe 3 : développer l’archéologie des anciens parcs à gibier.

Forêt de chasse depuis le haut Moyen Age, la forêt de Compiègne présente de nombreux parcs à gibier, révélés par les sources historiques et l’imagerie LiDAR. Les structures médiévales (garennes à grosses bêtes et garennes à lapins) restent encore très mal connues en Europe continentale. En l’état des connaissances, le réseau de mottes à connils (buttes d’élevage de lapins) en forêt de Compiègne est le plus important et le plus structuré que l’on connaisse en France. Un inventaire complet de ces structures a été effectué en 2019, associé à des relevés topographiques, pédologiques et par géoradar. Une fouille est prévue en 2020.

Prospection géophysique (géoradar) sur une garenne médiévale, août 2019
(cliché J. Buridant)

Axe 4 : préciser la connaissance des paysages végétaux anciens par des analyses archéoenvironnementales.

Cet axe transversal rejoint les axes précédents en proposant des approches archéoenvironnementales désormais classiques (palynologie, anthracologie, carpologie…), mais vise à déboucher sur des approches plus novatrices telles que l’ADN ancien ou la phytochimie.