Géraldine DOURY

Docteur en Sciences de la Vie, Maître de Conférences
Spécialité : Ecophysiologie des interactions entre insectes hôtes et insectes entomophages
Axe 1 (70%) – Axe 2 (30%)
geraldine.doury@u-picardie.fr

 

 

Thèmes de recherche

Les relations hôte–parasitoïde reposent sur des interactions parasitaires hétérospécifiques entre deux arthropodes appartenant souvent à la même classe, celle des Insectes. Une contrainte majeure pour le parasitoïde est de parvenir à se développer aux dépens de son hôte, contrainte dont il tente de s’affranchir en injectant dans celui-ci divers facteurs en manipulant la physiologie. En particulier, l’enjeu pour un endoparasitoïde va être d’échapper aux réactions de défense immunitaire qui sont mises en œuvres en retour par l’hôte suite à son infestation et dirigées contre le parasite en développement dans son hémolymphe.
Dans le cadre de mes activités de recherche je m’intéresse depuis ma Thèse de Doctorat  à la compréhension des mécanismes régissant l’issue de la relation parasitaire, et ce chez chacun des deux partenaires de l’interaction. Les objectifs sont doubles :

Depuis mon recrutement comme Maître de Conférences, mes travaux de recherche au sein de l’équipe BIPE sont développés essentiellement sur le système hôte-parasitoïde modèle de notre laboratoire, comprenant diverses espèces de drosophiles hôtes du genre Drosophila et les hyménoptères parasitoïdes Braconidés du genre Asobara qui leur sont inféodés. L’ensemble des travaux réalisés permet d’illustrer la variabilité des mécanismes de virulence mis en oeuvre par les parasitoïdes du genre Asobara et de les distinguer de ceux des autres parasitoïdes Braconides. Depuis quelques années je m’intéresse également à un autre modèle biologique, celui des parasitoïdes de pucerons.

Mots-clés

Insectes, interactions durables, systèmes hôte-parasitoïde, Drosophiles, Asobara, résistance, virulence, glandes à venin, fluides ovariens, immunité cellulaire

Projets récents ou en cours

Effets des parasitoïdes sur leurs hôtes
Dans le cadre du projet ANR Evparasitoid (2005-2008) puis du projet ANR Paratoxose (2009-2012), je participe à l’analyse des facteurs injectés par les femelles des parasitoïdes du genre Asobara dans les larves hôtes de drosophiles. L’étude de leurs effets sur la physiologie et l’issue du développement post-embryonnaire des hôtes a montré que les venins synthétisés par les femelles étaient responsables de l’induction d’une paralysie au moment de la ponte, transitoire chez certaines espèces, permanente chez d’autres. Ces effets sont retrouvés lors d’injections in vitro des extraits venimeux dans les larves hôtes. De façon intéressante, des extraits ovariens de Asobara japonica peuvent agir à la manière d’une antidote pour inverser les effets du venin. En effet les femelles utilisent à la fois le venin et les sécrétions ovariennes pour réguler la physiologie de leurs hôtes et assurer le développement de leur descendance. J’ai testé les fractions obtenues suite à la séparation par FPLC d’extraits ovariens ou d’extraits de venin de l’espèce A. japonica pour leurs effets sur des larves hôtes micro-injectées. L’objectif était de déterminer quelles sont les molécules actives responsables des effets très délétères mesurés sur la survie et le développement des larves de Drosophila melanogaster lorsqu’elles sont parasitées. L’identification des molécules impliquées se poursuit dans le cadre des travaux de Marianne Jaubert, Post-Doctorante au laboratoire.

Réponse des hôtes au parasitisme et immunité cellulaire
La résistance des espèces hôtes de drosophiles aux parasites qui leurs sont inféodés est également variable. Notamment les larves de Drosophila subobscura sont incapables de réaliser la moindre capsule même contre des souches avirulentes de parasitoïdes, en raison de leur déficience innée pour une catégorie hémocytaire, les lamellocytes. La découverte inattendue d’une telle immunodéficience dans des populations naturelles d’insectes nous a conduit à cribler les diverses espèces du groupe obscura pour la présence/absence de ce caractère et à en rechercher les causes. Ce travail a été réalisé dans le cadre de la Thèse de Doctorat de Sébastien Havard (2005-2009) que j’ai co-encadrée, au cours de laquelle les hémocytes atypiques produits par certaines espèces de ce groupe de drosophiles ont également été caractérisés d’un point de vue morphologique et fonctionnel.

Effets de la température sur les interactions hôte-parasitoïde
Dans le cadre du projet ANR Climevol (2009-2012) je travaille également sur l’effet des températures sur l’interaction Asobara tabida / Drosophila. L’effet de stress thermiques chauds modérés sur les traits de vie et le succès parasitaire du parasitoïde de pucerons  Aphidius ervi (Aphidiidae) a été étudié par Ibrahim Ismaeil lors de sa Thèse de Doctorat, que j’ai co-encadrée. Les travaux entrepris sur les parasitoïdes de pucerons démontrent clairement l’existence d’une plasticité phénotypique trans-générationnelle, et suggèrent que l’adaptation aux contraintes thermiques peut être réalisée via des effets maternels. Ils illustrent également la complexité des réactions des insectes et des mécanismes sous-jacents aux conditions fluctuantes de leur environnement naturel.

Enseignements dispensés

Biologie cellulaire
Génétique du développement
Zoologie
Immunologie
Reproduction chez les animaux

Directions ou co-directions de thèse

2005-2009 Sébastien HAVARD, Potentiel de défense cellulaire et encapsulement chez les drosophiles du groupe obscura. Co-encadrement (33%) avec P. Eslin (MCU, BIPE) et G. Prévost (Pr, BIPE)
2007-2011 Ibrahim ISMAEIL, Effets d’un stress thermique chaud sur les traits de vie et le succès parasitaire du parasitoïde de pucerons Aphidius ervi (Aphidiidae), agent de lutte biologique. Co-encadrement (33%) avec A. Couty (MCU, BIPE) et G. Prévost (Pr, BIPE)

Fonctions administratives actuelles

Membre de plusieurs Comités de sélection (section 67) pour le recrutement d’ATER et Maîtres de Conférences, dans mon établissement d’origine mais aussi hors établissement.
Revue d’articles pour les journaux European Journal of Entomology et Functional Ecology.
Membre élu du Conseil d’unité de Edysan « Ecologie et Dynamique des Systèmes Anthropisés ».
Correspondant pour l’animation scientifique de l’Unité.

Publications récentes

ESLIN P., PREVOST G., HAVARD S. and DOURY G. (2009). Immune resistance of Drosophila hosts against Asobara parasitoids: cellular aspects. In Parasitoids of Drosophila, Advances in Parasitology, Vol. 70, Burlington: Academic Press, pp.189-215.
HAVARD S., ESLIN P., PREVOST G. and DOURY G. (2009). Encapsulation ability: are all Drosophila species equally armed? An investigation in the obscura group. Canadian Journal of Zoology, 87: 635-641.
MOUNDOUNGOU-MABIALA A.D.N., DOURY G., ESLIN P, CHERQUI A. and PREVOST G. (2010) Deadly venom of Asobara japonica parasitoid needs ovarian antidote to regulate host physiology. Journal of Insect Physiology, 56 (1): 35-41.
PREVOST G, ESLIN P., CHERQUI A., MOREAU S. and DOURY G. (2011) When parasitoids lack polydnaviruses, can venoms subdue the hosts ? The study case of Asobara species. In Parasitoid Viruses: Symbionts and Pathogens. N.E. Beckage and J.M. Drezen (Eds). Elsevier, pp. 255-266.
HAVARD S., DOURY G., RAVALLEC M., BREHELIN M., PREVOST G. and ESLIN P. (2012) Structural and functional characterization of pseudopodocyte, a shaggy immune cell produced by two Drosophila species of the obscura group. Developmental and Comparative Immunology, 36: 323–331.