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Sciences Humaines et Sociales
Université de Picardie Jules Verne

Séminaire des doctorants

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La parole de l’AUTRE : altérité(s), mises en discours et représentations identitaires.

Créé en 2013 par Renoir Bachelier, Audrey Faulot et Fanny Martin, le séminaire des doctorants du CERCLL a pour objectif de créer un espace d’échange et d’émulation entre les jeunes chercheurs du laboratoire, en favorisant la trans-disciplinarité, et notamment les passages entre sciences du langage et littérature.
Le thème du séminaire, choisi il y a quatre ans, est la parole de l’Autre ; après un premier cycle consacré aux outils permettant de faire émerger cette parole, le deuxième volet s’est penché sur les espaces où elle se produit, et cette dernière année aura valeur de conclusion, en se souciant particulièrement des mises en discours et des représentations de l’Altérité.
La présence aux séances du séminaire permet de valider deux crédits ECTS.
  • Programme des séances 2016 – 2017
Jeudi 02 février 2017 : Première séance, Salle A3, Campus
- Annabelle BOLOT : La Parole de Dieu dans l'œuvre de Saint-Simon
- Louise DEHONDT : Entre balbutiements, larmes et enchantements... La parole des vieilles femmes chez quelques poètes de la Renaissance

Vendredi 24 mars 2017
: Deuxième séance, Salle B206, Campus
- Elise GUIGNON : La parole des femmes de chambre dans les romans de la seconde moitié du XIXe siècle
- Lydie CAVELIER : La parole de l'autre et l'oeuvre poétique de Pierre Chappuis.

Lundi 24 avril 2017: Troisième séance.
Programme à définir

Jeudi 1er juin 2017 : Journée d'études clôturant le cycle autour de la Parole de l'Autre

2015-2016

Ce séminaire 2015-2016 des doctorants du CERCLL s’inscrit dans la continuité des travaux de réflexion menés lors des deux précédentes années autour de la thématique de la « parole de l’Autre ». Si l’année 2013-2014, consacrée à l’analyse des enjeux et des perspectives, a permis d’identifier les outils utilisés pour faire émerger cette parole de l’Autre, l’année 2014-2015, orientée davantage vers les espaces de la parole, a de son côté représenté l’occasion de faire émerger et de prendre en compte une réelle interdisciplinarité, grâce à l’adhésion de doctorants d’autres disciplines. Pour rappel, ce séminaire réussissait en effet les doctorants du LESCLAP et du CERR la première année et s’est étendu à l’ensemble du CERCLL l’année dernière.
Dans cette dynamique, nous proposons de poursuivre notre travail de réflexion en ouvrant un nouvel axe d’étude qui portera sur les représentations de l’altérité et ses mises en discours.
De ce questionnement sur l’altérité peut naître une transversalité qui unit les travaux des membres de toutes les disciplines représentées, tout en prenant des directions différentes : nous espérons que cette interaction pourra donner lieu, pour chaque doctorant, à un approfondissement et à une mise en perspective nouvelle de son travail.
Ce que nous entendons par l’intitulé « Altérité(s), mises en discours et représentations identitaires » est une interrogation sur la façon dont l’Autre est décrit, imagé, selon les moyens mis en œuvre pour qu’il soit visible, selon les intentions de celui qui l’a catégorisé comme Autre, et selon la réception de celui qui voit représenté l’Autre. Cette notion d’altérité présuppose en effet des transferts, puisque sa définition et sa représentation varient selon de nombreux facteurs : aires géographiques, imaginaires, langues et rapports à la/aux langues, genres, époques… La figuration de l’altérité génère une réflexion intéressante sur ce qui est considéré comme la norme, la coutume, l’ordinaire. L’échange et la confrontation des œuvres, des textes, des périodes, des langues, des usages, des pratiques linguistiques, des disciplines permettent une connaissance non pas seulement de l’Autre mais de Soi, par un effet de miroir inversé. Nous souhaiterions introduire un nouveau concept, accrédité récemment dans les sciences humaines et sociales, nommé l’intermédialité, présenté par nos camarades Renoir Bachelier, Audrey Faulot et Fanny Martin en 2014, en vue d’ajouter un autre outil à notre recherche.

Afin de diversifier les angles d’approche, nous tenterons de multiplier les interactions et de favoriser les thématiques transversales.

Nous réfléchirons notamment aux problématiques suivantes :
  1. Nous chercherons à définir l’altérité, notion vaste s’il en est. Y-a-t-il homogénéité de cette notion selon les disciplines, selon les approches ? Peut-on définir ou redéfinir une approche de l’altérité ?
  2. Comment peut-on identifier l’altérité, en tenant compte de sa mobilité, de son aspect protéiforme, de ses variations culturelles, linguistiques et littéraires ?
  3. Comment se construit l’altérité ? Par quels imaginaires, quels cheminements intellectuels se fonde cette notion de l’altérité ? De quelle manière l’altérité se met-elle en mots, se transforme-t-elle en discours ? Comment cette abstraction se métamorphose-t- elle en faits concrets, en réalités historiques et linguistiques ?
  4. Quelle est la finalité de cette représentation ? Quelles sont les visées morales et idéologiques de cette notion de l’altérité ?

Séance du 13 janvier 2016

« La figure de la prostituée dans le roman du second XIXe siècle : altérité(s) des corps altérés » par Elise Guignon.
Personnage-phare des romanciers naturalistes et décadents, la prostituée génère une réflexion multidirectionnelle autour du concept d’altérité. Figure socialement marginale et marginalisée, la prostituée se construit dans la contradiction avec la femme petite-bourgeoise, à laquelle sont imposées normes conventionnelles et bienséances par la gent masculine. Elle est également représentée par rapport à ses relations avec les hommes, ce qui entraîne le questionnement autour d’une autre altérité, celle qui s’établit entre féminin et masculin ; les écrivains du XIXe siècle prennent conscience de l’évolution du rôle et du statut de la femme, et transmettent dans leurs romans les angoisses créées par cette femme en pleine mutation, prenant peu à peu du pouvoir et cherchant à prendre la parole, une parole qui tend ainsi ne plus être celle de l’Autre. Cependant, la mainmise des hommes est encore majoritairement présente ; si la femme a peu à peu accès à la parole dans leurs écrits, c’est toujours à travers le prisme de leur fiction. La parole de l’Autre est donc appropriée par le normé et par le dominant ; l’espace de parole s’avère donc factice et stéréotypé.

« L’allocutaire, la parole de cet « Autre » dans le langage. Apport de la théorie de Damourette et Pichon dans l’Histoire des Sciences du Langage » par Maylis Fernandez.
Edouard Pichon et Jacques Damourette, deux grammairiens du début du XXe siècle, se distinguent en tant qu’autodidactes ; ils ne sont linguistes ni de formation, ni de profession, ce qui fait déjà d’eux des personnalités à part dans le monde des Sciences du Langage. Leur grammaire ne se fondait pas sur la terminologie grammaticale traditionnelle de l’époque, et est encore jugée actuellement comme peu conventionnelle. Leur intérêt et leurs connaissances en psychologie et en psychanalyse les ont poussés à s’intéresser au rôle de l’Autre dans la situation de communication : ils ont notamment travaillé sur la perception de « l’allocutaire », en tant que sujet parlant, par le locuteur. Locuteur et allocutaire sont interdépendants ; le locuteur ne peut exister en tant que locuteur sans allocutaire potentiel. Cette relation fait que le statut d’Autre est variable, puisque la parole passe d’un interlocuteur à l’autre. Cette influence conjointe a mené Damourette et Pichon sur les chemins de ce qui aboutira à la sociolinguistique : l’Autre influe, dans le langage, sur la pensée de l’allocutaire et/ou du locuteur, et cela d’autant plus fortement que des différences les opposent (âge, région, religion, sexe…). La terminologie utilisée pour désigner l’Autre dans les Sciences du Langage est variable. Il nous apparait que cette diversité est à creuser : « allocutaire » et « interlocuteur », malgré une synonymie de surface, peuvent en réalité refléter une vision profondément différente du rôle de l’Autre.

2014-2015

Pour l’année 2014-2015, nous nous concentrerons sur les espaces de la parole de l’Autre.
  1. Nous chercherons d’abord à définir quels sont ces espaces qui selon la nature qu’ils engagent peuvent se chevaucher voire se confondre ou se dissocier. Une attention particulière pourra être accordée aux espaces géographiques où coexistent des cultures et/ou des langues différentes. On réfléchira notamment sur la façon dont sont structurés ces espaces, en fonction des communautés langagières qui ne s’y limitent pas nécessairement. Y a-t-il un macro-espace qui engloberait ces communautés tendant ainsi à les absorber hiérarchiquement ou des micro-espaces qui coexistent assumant ainsi l’hétérogénéité linguistique ?
  2. Ces espaces peuvent aussi être d’ordres symbolique (privés versus public, officiel versus clandestin, ouverts versus fermés…) ou générique (espace du discours ou du texte dont l’organicité reste à questionner) ; l’espace co-construit dans l’enquête ; ou l’espace de la thèse dans laquelle le chercheur répartit la parole, d’un point de vue méthodologique . On sera particulièrement attentif à mettre au jour les enjeux idéologiques associés à la constitution d’un espace de parole : créer un champ revient aussi à en questionner les limites dans un geste ambivalent qui fait exister autant qu’il circonscrit (espaces de l’histoires littéraire, politique, linguistique…).
 Les responsables du séminaire : Audrey Faulot, Fanny Martin & Hemza Zekri.
 
Séance du Mercredi 7 Janvier 2015, 14h 17h
 
Hemza Zekri (CEHA) : La chronique comme espace officiel.
La fin du XVe siècle et le début du XVIe, fut marqué dans la péninsule ibérique par des transformations radicales survenues suite à la prise du pouvoir des Rois Catholiques, Isabel Ière de Castille y Ferdinand II d’Aragon. Ces deux monarques mirent en marche leur projet d’unification territoriale et spirituelle, en achevant le long processus de la Reconquista (la reconquête des terres conquises par les musulmans) et en rétablissant l’autorité et la suprématie de la monarchie sur la noblesse. Dans cette perspective, la chronique pouvait fournir un outil de propagande destiné à légitimer la politique officielle et de rallier le peuple et la noblesse à leur entreprise de Reconquista des terres sous domination du royaume nasride de Grenade, dernier réduit musulman de la péninsule ibérique. En effet, la chronique se transforma en texte officiel, où l’espace réservé au camp adversaire est très réduit mais néanmoins signifiant.

Maxence Rogandji (LESCLAP) : Le chat comme espace de la parole des Autres.
Cette communication traite de l’usage de la langue française à l’intérieur des nouveaux moyens de communication via les téléphones portables, les e-mails, les chats, les forums et les blogs. Notre réflexion consistera à décrire les pratiques à la fois sociale et lexicale, car les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) ont changé notre manière de communiquer, mais aussi d’étudier, d’acheter, de s’informer, de se distraire, etc. Nos échanges sont aussi bouleversés par des langues de plus en plus cryptées, difficilement déchiffrables.
Les interrogations qui sous-tendent cette réflexion sont les suivantes : ces nouvelles technologies sont-elles à l’origine des nouvelles pratiques scripturales observées sur les blogs ? Ces pratiques sont-elles nées d’une adaptation du locuteur aux NTIC ? Est-ce par gain de temps que les internautes deviennent créatifs ? Cryptent-ils leurs messages de manière consciente ou non-consciente ? Ces questions seront envisagées à travers notre travail d’enquête et d’un examen croisé de ces problématiques observées en Afrique et ailleurs. Le blog internet <www.dolcegaboma.ning.com> nous servira de corpus.

Présentation du projet de thèse d’Ana VILAR.
Cette thèse est consacrée à l’étude des facteurs pragmatiques dans un même genre, le script, d‘un point de vue pragmatique et traductologique. Le corpus retenu est le script de la sitcom « Will & Grace ».
Notre réflexion se situe donc aux entrelacs du multilinguisme. Lorsque l’on parle de facteurs pragmatiques, l’on fait référence notamment à des marqueurs discursifs et de politesse verbale (pour leur forte présence dans notre corpus). Avec le scénario de la sitcom « Will & Grace », nous étudierons les différents types de stratégies utilisées en termes de traduction, mais nous essayerons aussi de répondre à des questions qui concernent le corpus en soi, en tant que corpus. Nous nous intéresserons à ce « discours écrit », fait pour imiter l‘effet du discours spontané. Nous nous demanderons notamment si précisément il convient de parler de discours oraux ou de genre littéraire. Notre objectif consistera à analyser sous l’angle descriptif l’impact des facteurs pragmatiques dans la communication, tant dans la langue d’origine (anglais), que dans les langues cibles (espagnol et français) et leurs relations.

Séance du Mercredi 17 Juin 2015
, 14h 17h
Margaux BURATTI : Comment répartir l’espace dans un corpus de thèse : Balzac et Zola face à la comtesse de Ségur ?
Christine / Salimat ABUBAKARI
Coralie BOURNONVILLE
 

2013-2014

Transversale par excellence, la parole de l’autre est un thème qui permet, pour les membres du CERR et du LESCLAP, de travailler sur des mêmes objets d’études tout en déployant des méthodes de recherche différentes, dans le but de montrer comment des sujets communs peuvent être investis différemment selon les disciplines. En cela, il nous a paru propice au dialogue disciplinaire qui caractérise notre démarche.
Il suppose pour les participants de définir précisément ses outils conceptuels, chaque terme recouvrant des réalités différentes selon la perspective de recherche. La parole, pour les linguistes, objet central et incontournable, s’inscrivant dans le sillon d’une méthodologie d’enquête, espace polyphonique par définition, témoigne d’un usage individualisé et contextualisé de la (des) langue(s) ; pour les littéraires, elle est toujours prise dans le tissu d’une œuvre qui en détermine les caractéristiques, tant génériques que stylistiques. Penser la parole de l’autre nécessite de définir les modalités d’une altérité qui n’est saisissable que relativement à d’autres éléments : l’autre renvoie- t-il à une personne réelle ou à un type construit, concerne-t-il la communauté des autres, ou s’incarne-t-il dans la figure d’autrui comme image d’une altérité radicale ?
Cela nous conduira à envisager la question des outils utilisés pour décrire la parole de l’autre, dont l’identification n’est pas aisée. Si une multitude de procédés – typographiques, rhétoriques, linguistiques, stylistiques, etc. – permettent de signaler sa présence, le problème se pose de façon plus complexe si l’on considère, dans la lignée de la « polyphonie » bakhtinienne, tous les phénomènes de mention qui marquent la co-présence, voire l’écho d’autres paroles. Comment reconnaître cette parole signalée comme différente, étrange ou étrangère, la signifier comme exogène par rapport au discours ?
Il s’agit de savoir comment, mais également pourquoi cette parole se manifeste, en rapport avec les stratégies discursives ou auctoriales qui manipulent la parole de l’autre dans un but argumentatif, mais qui peuvent aussi la faire intervenir de façon moins délibérée ou moins maîtrisée. Relais ou repoussoir, cette intervention a des implications éthiques et idéologiques, donner la parole à autrui permettant de lui offrir un espace qui pourrait, paradoxalement, le faire devenir moins autre.
Les responsables du séminaire en 2013, Renoir Bachelier, Audrey Faulot & Fanny Martin

 
Séance du mercredi 12 juin 2013
Introduction du séminaire (Renoir Bachelier, Audrey Faulot & Fanny Martin)
Présentation du LESCLAP (Fanny Martin).
Présentation du CERR (Audrey Faulot & Renoir Bachelier).
Présentation des sujets de recherche des doctorants présents.
Fanny Martin & Maxence Rogandji pour le LESCLAP,  « La parole de l’autre dans ses dimensions linguistiques et sociolinguistiques »
Audrey Faulot pour le CERR, « La parole de l’autre dans ses dimensions littéraires »
Isabelle Hautbout – Expérience de parcours : de la thèse et au recrutement MCF
Discussion (méthodologie, outils, et questions diverses…)
Évocation et mise en discussion des projets futurs du séminaire : thématiques et intervenants.

Bilan du séminaire au 30 juin 2014: L'expérience d'un séminaire de recherche linguistique et littérature: confluence et transversalité
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