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Université de Picardie Jules Verne

[Écologie] : Coup de frais sous la canopée forestière

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Un consortium européen mené par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL, Suisse) et impliquant deux chercheurs du laboratoire EDYSAN (CNRS / UPJV), démontre l’importance de l’effet tampon de la canopée forestière sur l’adaptation au réchauffement climatique de la biodiversité forestière. Leurs travaux font la couverture de la revue Science publiée le 15 mai.


Frêne vu de dessous - Motte castrale de Toutencourt - Photo de Jonathan Lenoir

Frêne vu de dessous - Motte castrale de Toutencourt - Photo de Jonathan Lenoir

C’est bien connu, par une belle journée d’été, et d’autant plus en période caniculaire, on peut se rafraichir en allant se promener en forêt. Cette sensation de fraicheur est due à la canopée forestière (le couvert arboré), qui agit comme une couverture isolante atténuant les températures maximales journalières.
Le consortium de chercheurs de la présente étude, qui fait la Une de Science, s’est intéressé de plus près à cet effet tampon de la canopée forestière et à son impact sur l’évolution de la biodiversité des sous-bois en contexte de réchauffement climatique.


Un effet rafraichissant salvateur
En s’appuyant sur une base de données internationales de suivi des écosystèmes forestiers (http://www.forestreplot.ugent.be/), un groupe de chercheurs européens, impliquant le chargé de recherche CNRS Jonathan Lenoir et le professeur Guillaume Decocq du laboratoire « Ecologie et Dynamique des Systèmes Anthropisés » (CNRS / UPJV), vient de démontrer qu’en densifiant le couvert arboré, il est possible de diminuer l’intensité du réchauffement tel que ressenti par les communautés végétales du sous-bois.
Ce résultat met en lumière la capacité de la canopée forestière à moduler la dynamique temporelle des conditions microclimatiques dans nos sous-bois jusqu’à compenser la dynamique de réchauffement du macroclimat, laissant ainsi le temps aux espèces végétales du sous-bois de s’adapter aux nouvelles conditions.


De l’importance de protéger le couvert arboré
La canopée forestière préserve donc la biodiversité des sous-bois en limitant l’impact du réchauffement climatique. Une ouverture brutale du couvert arboré, suite à une perturbation anthropique (éclaircies trop importantes, coupes de régénération ou d’ensemencement) ou naturelle (tempêtes, incendies, épisodes de sécheresse répétés), engendre une augmentation rapide des températures maximales « ressenties » par les communautés végétales du sous-bois. Protégées jusqu’alors par le couvert arboré, ces dernières sont alors dans l’incapacité de s’adapter à ce changement soudain. C’est grâce à l’effet protecteur du couvert arboré que les communautés végétales du sous-bois semblent être en décalage avec l’intensité du réchauffement climatique, un phénomène plus communément appelée « dette climatique » dans la communauté scientifique.


Référence de la publication :
Forest microclimate dynamics drive plant responses to warming. Florian Zellweger, Pieter De Frenne, Jonathan Lenoir et al., Science, 15 May 2020 ; Vol. 368, Issue 6492, pp. 772-775 ; DOI: 10.1126/science.aba6880
 

Contact :
jonathan.lenoir@u-picardie.fr
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