Aude COUTY

Docteur en Sciences de la vie et de la Santé (Université de Tours), Ingénieur Agronome (INA-PG), MCU
Spécialité : Entomologie, écologie chimique, relation tritrophiques
Axe 1
(60%) – Axe 2 (40%)
aude.couty@u-picardie.fr

 

Thèmes de recherche

La gestion durable des agrosystèmes nécessite le développement de méthodes intégrées de lutte contre les ravageurs des cultures. Cependant le développement de telles stratégies alternatives passe par une meilleure compréhension des interactions établies entre les différents protagonistes : plantes (niveau trophique I) – insectes phytophages (niveau trophique II) – insectes entomophages (niveaux trophique III). Mes recherches au sein du laboratoire BIPE s’articulent principalement autour de l’étude de ces interactions entre les différents niveaux trophiques. Plus récemment, j’ai été amenée à développer aussi des projets traitant de l’impact d’organismes exotiques sur les écosystèmes et agrosystèmes locaux.

Mots-clés

Parasitoïde, puceron, drosophile, écologie chimique, relations tritrophiques, comportement, olfaction, électro-pénétrographie (EPG), olfactomètre.

Projets récents ou en cours

Interactions immunitaires hôtes-parasitoïdes
Chez les insectes, une infestation parasitaire se traduit par la mise en place d’une réaction de défense de type immunitaire impliquant l’intervention de médiateurs cellulaires et humoraux. Les parasites ont développé des stratégies leur permettant de détourner les défenses de leurs hôtes, et cette aptitude contribue à définir un certain degré de « virulence » qui peut varier au sein d’une même espèce. Les parasites peuvent aussi rencontrer des degrés différents de « résistance immunitaire » chez leurs hôtes, notamment chez des hôtes d’espèces voisines. Pour aborder ce thème, le système utilisé est celui constitué des insectes endoparasitoïdes du genre Asobara (Hyménoptère, Braconide), et de leurs hôtes, les larves de drosophiles.
Nous nous intéressons aux mécanismes de virulence utilisés par les parasitoïdes et de résistance développés par leurs insectes hôtes, en analysant les facteurs produits et injectés par le parasitoïde et les facteurs avec lesquels ils interagissent chez l’hôte, résistant ou sensible. Ainsi j’étais impliquée dans un projet ANR (« Evparasitoid » n° NT05-4_42192, 2005-2008) qui visait à analyser par une approche comparée les interactions hôtes/parasitoïdes au niveau des mécanismes moléculaires et cellulaires mais aussi à l’échelle évolutive. Par ailleurs, je suis aussi impliquée dans une étude qui vise à étudier le coût physiologique d’une stratégie particulière de virulence développée par les femelles d’A. tabida (stratégie de « camouflage » des œufs au sein des tissus de l’hôte).

Impact d’une élévation de température sur les relations hôtes/parasitoïdes
Les changements climatiques vont affecter en premier les espèces incapables de réguler leur température interne et notamment les insectes. Nous participons à un vaste projet ANR (CLIMEVOL 2009-2012) qui s’intéresse à l’effet du changement climatique sur l’évolution des interactions hôtes-parasitoïdes depuis le niveau moléculaire jusqu’au niveau des communautés d’insectes. Dans ce contexte j’ai participé à une étude sur l’effet d’une élévation de la température sur les interactions « résistance/virulence » du couple Drosophila melanogaster / Asobara tabida.
D’autre part, nous avons entrepris aussi de rechercher l’effet de stress thermiques modérés sur un modèle hôte/parasitoïde d’intérêt agronomique. Ainsi, j’ai co-encadré un travail de thèse (2007-2011) qui visait à rechercher les modifications engendrées par ces stress thermiques sur les traits d’histoire de vie d’ Aphidius ervi (utilisé en lutte biologique) parasitoïde du puceron de la pomme de terre Macrosiphum euphorbiae.

Traitements phytosanitaires des plantes: effet sur les ravageurs et leurs auxiliaires
Effet d’une huile minérale sur les pucerons de la pomme de terre
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Les pucerons de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae et Myzus persicae) posent de nombreux problèmes aux agriculteurs notamment en transmettant des virus à leur plante hôte. Pour limiter ces infestations virales, le seul moyen préventif consiste en un épandage hebdomadaire d’huile minérale sur les plantes. Les objectifs de ce projet sont de caractériser la nature (mécanique, antibiose ou antixénose) et les modes d’action (effets directs sur les pucerons ou bien indirects via une modification de la physiologie de la plante) de ces distillats.
J’ai participé à l’encadrement d’une thèse (2006-2009) sur ce sujet (contrat CIFRE, n° 840/2006, en partenariat avec le GIE Station de Recherche du Comité Nord «HUMIPOM : Huiles minérales et protection de la culture de la pomme de terre»).

Effet d’un insecticide systémique spécifique des pucerons sur des insectes auxiliaires des cultures
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Depuis quelques années un nouvel insecticide, le Plenum, dont la matière active est la pymétrozine (famille chimique des pyridines azométhines) permet de cibler spécifiquement les insectes piqueurs suceurs en agissant sur leur comportement alimentaire et en limitant les incidences sur les auxiliaires.
Le travail réalisé au laboratoire consistait à étudier l’effet du Plenum sur le parasitoïde de puceron Aphidius ervi et l’abeille domestique Apis mellifera via une approche toxicologique et comportementale.

Impact d’organismes d’origine exotiques sur les agrosystèmes et écosystèmes Français
Impact de l’introduction de miscanthus sur les agrosystèmes picards et en particulier l’aphidofaune locale:
Ce projet a pour objectif d’étudier l’impact de l’introduction de Miscanthus, plante d’intérêt dans le domaine des biocarburants et des combustibles, sur l’entomofaune et plus particulièrement sur les pucerons vecteurs de pathogènes dans les grandes cultures du Nord de la France, et sur les auxiliaires associés. Ce travail permettra d’étendre nos connaissances sur les interactions et les flux potentiels de ravageurs et d’auxiliaires de cultures entre la plante introduite, miscanthus, et les cultures en place (cultures de pomme de terre, de blé, de betterave). Par ailleurs, certains travaux en amélioration génétiques ont mis en évidence une variabilité de la production de biomasse en fonction de l’espèce étudiée, du clone, mais aussi en fonction du niveau de ploïdie. La sélection d’une variété de plante passe également par la caractérisation des résistances vis-à vis des ravageurs de cultures. Nous étudierons, au sein du genre Miscanthus, l’effet de la variabilité inter- et intraspécifique, sur les étapes clefs de la colonisation des pucerons:

Drosophila Suzukii, un nouveau ravageur des cultures en France
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Drosophila suzukii est un ravageur polyphage qui s’attaque à de nombreuses espèces végétales et en particulier aux cerisiers, abricotiers, pêchers, petits fruits et fraisiers. Cette espèce, d’origine asiatique, a été détectée en France en 2010 et est depuis inscrite sur la liste d’alerte OEPP (Organisation Européenne de Protection des Plantes). D. suzukii a la particularité de s’attaquer préférentiellement aux fruits non récoltés en cours de maturation. Je m’intéresse tout particulièrement à la compréhension de sa stratégie de recherche des fruits hôtes, cultivés ou sauvages, par le biais d’études olfactométriques.

Enseignements dispensés

J’interviens dans tous les niveaux d’enseignements depuis la première année de licence jusqu’au MASTER 1 et 2. Actuellement, je suis responsable de 2 modules de licence 3ème année (zoologie et écologie comportementale), d’un module de Master EADD (écologie chimique et comportementale) et d’un module de MASTER SVTU préparant le CAPES de biologie (Evolution et phylogénèse).

Directions ou co-directions de thèse

2007- 2011 Ibrahim Ismaïl Effets d’un stress thermique chaud sur les traits de vie et le succès parasitaire du parasitoïde de pucerons Aphidius ervi (Aphidiidae), agent de lutte biologique.

Fonctions administratives actuelles

Depuis 2008, participation aux comités de sélection section 68
Arbitre pour Entomologia Experimentalis et Applicata depuis 2001

Publications récentes

Couty A., van Emden H., Wadhams L.J., Perry J., Hardie J. and J.A. Pickett. (2006). Comparisons between roles of vision and olfaction in host-plant finding by Plutella xylostella (Lepidoptera: Plutellidae). Physiological Entomology. 31 (2): 134-145.
Kaiser L., Couty A. and Perez-Maluf R. (2009). Dynamic use of fruit odours to locate host larvae: individual learning, physiological state and genetic variability as adaptative mechanisms. In G. Prévost (editor): Advances in parasitology, Academic Press, Burlington. 70: 68-95.
Joseph J.-R., Ameline A. et  Couty A. (2010). Effects on the aphid parasitoid Aphidius ervi of an insecticide (Plenum®, pymetrozine) specific to plant-sucking insects. Phytoparasitica, 39: 35-41.
Martoub M., Couty A., Giordanengo P. et Ameline A. (2011). Opposite effects of different mineral oil treatments on Macrosiphum euphorbiae survival and fecundity. Journal of Pest Science, 84: 229-233.
Boquel S., Delayen C., Couty A., Giordanengo P. et Ameline A. (2012). Modulation of aphid vector activity by potato virus Y on in vitro potato plants. Plant disease, 96: 82-86.