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Axe transversal Genre


Responsables de l’axe : Fabrice Guilbaud, Stéphanie Guyon et Sophie Richardot

Membres dont des travaux s'inscrivent dans cette réflexion : Ludivine Allienne-Diss, Annabelle Allouch, Bruno Ambroise, Isabelle Astier, Hélène Balitout, Miranda Boldrini, Maïté Boullosa-Joly, Rémy Caveng, Frédéric Charles, Isabelle Charpentier, Charlotte Delabie, Renaud d’Enfert, Virginie Descoutures, Nehara Feldman, Estelle, Ferrarese, Bertrand Geay, Fabrice Guilbaud, Stéphanie Guyon, Emmanuel Halais, Céline Hervet, Véronique Hochedé, Céline Husson, Behrouz Keyhani, Nathalie Le Bouteillec, Elodie Lemaire, Céline Letu, Sophie Louey, Salima Naït Ahmed, Gabrielle Radica, Layla Raid, Ada Reichhart, Sophie Richardot.

Les études de genre partent du postulat que le sexe n’est pas seulement biologique, mais qu’il est aussi, et surtout, le produit d’une construction sociale. Elles n’étudient pas spécifiquement « les femmes » mais les rapports de pouvoir qu’entretiennent les deux groupes de sexes. Aussi le genre renvoie-t-il à une « organisation sociale des rapports de sexe » (Joan W. Scott) qui répartit des rôles, des tâches, des caractéristiques et des attributs différenciés à chaque sexe ; à « un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées » (L. Bereni). Autrement dit, le genre désigne un système et les sexes renvoient aux groupes et catégories produites par ce système. Les études sur le genre placent au coeur de leur approche la rupture avec l’essentialisme (« on ne naît pas femme, on le devient »), l’adoption d’une perspective relationnelle (le féminin et le masculin sont le produit d’un rapport social), l’existence d’un rapport de pouvoir, comme l’expriment les concepts de « patriarcat », de « valence différentielle des sexes », de « rapports sociaux de sexes » ou encore de « domination masculine ».

Le genre se prête particulièrement à une approche transversale puisqu’il n’est pas un thème mais « une logique sociale qui, traversant la société, doit en traverser les explications » (I. Clair). L’axe de recherche transversal « genre » se propose ainsi de réunir et faire dialoguer les recherches du laboratoire recourant à cette grille de lecture analytique. Il ne constitue pas un quatrième axe mais bien un axe transversal destiné à créer des synergies entre les recherches menées dans les trois axes thématiques du CURAPP-ESS. Une vingtaine de membres du laboratoire s’inscrivent d’ores et déjà dans cet axe, soit que Évaluation des entités de recherche 37 Vague C : campagne d’évaluation 2016 – 2017 Janvier 2016 leurs travaux adoptent directement des problématisations puisant dans les corpus d’études de genre soit qu’ils intègrent le genre pour penser leurs objets. L’enjeu de cet axe est d’élargir le cercle des personnes mobilisant cette grille analytique en incitant davantage de chercheurs et de chercheuses du laboratoire à mobiliser cette perspective pour renouveler éventuellement le regard porté sur leur problématique.

Cet axe s’inscrit dans un contexte institutionnel particulier. Sa création va dans le sens d’une politique d’établissement qui entend, par le biais de sa mission Egalité femmes-hommes, développer au sein de l’université de Picardie-Jules Verne les études sur le genre. Il est amené à contribuer à un projet plus large visant à créer, au sein de l’établissement, un axe inter-laboratoire dévolu au genre. Il est également en lien avec la formation et, en particulier, les séminaires de recherche proposés sur le genre à la fois dans le cadre de l’ED SHS et des masters recherche adossés au laboratoire. Il s’inscrit également dans une politique du CNRS visant à favoriser ces dernières années le développement des études sur le genre via notamment le Défi Genre porté par la mission sur l’interdisciplinarité (depuis 2012) et la participation structurante du CNRS à l’institut du genre (GIS) fondé en 2012 à l’initiative de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.

La perspective adoptée sur le genre sera ici résolument interdisciplinaire, conformément à l’histoire des études de genre et des recherches menées dans le cadre du laboratoire. C’est ainsi que participent à cet axe transversal des philosophes, sociologues, anthropologues, politistes, psychologues et des chercheurs et chercheuses en sciences de l’éducation. Il s’agira donc de croiser les approches disciplinaires mais également de travailler dans une perspective favorisant la réflexion sur l’articulation des rapports de domination.

La structuration des recherches sur et avec le genre a commencé au sein du laboratoire depuis déjà quelques années. En effet, un séminaire Genre a été mis en place en 2013 et a été, depuis cette date, renouvelé chaque année. Dans ce cadre, ont été invité-e-s des chercheurs et des chercheuses extérieur-e-s à l’université et ont été présentés des travaux menés par des membres du laboratoire. En outre, deux journées de formation doctorale se rapportant au genre ont été organisées par des membres du CURAPPESS dans le cadre de l’ED SHS de l’UPJV : une journée intitulée « Genre et sciences sociales », en 2014, et une journée « Genre et sexualités », en 2015. En 2016, une journée d’étude « Genre et care » s’est également tenue au laboratoire. C’est dans le cadre de cet ensemble d’activités que se sont progressivement dégagés quatre principaux ensembles thématiques – articulées aux trois axes du laboratoire – qui constituent autant de directions pour y développer les recherches sur et avec le genre.