Il s'agit d'un mobilier très particulier, qu'on pouvait voir au Moyen Age dans toutes les cathédrales, mais aussi dans les églises abbatiales et collégiales. Les stalles sont les sièges dans lesquels prenaient place les chanoines lorsqu'ils se réunissaient au choeur pour dire et chanter offices, prières, psaumes...
A l'origine, ces sièges étaient en pierre, parfois en marbre, mais dès le XI ou XIIè siècle, on voit apparaître des sièges en bois, sans doute plus chauds et plus confortables que leurs ancêtres de pierre. Le bois permet aussi de munir le siège d'un abattant mobile qui se baisse ou se lève, selon que le religieux veut s'asseoir ou être debout. Mais pendant les officies et les prières que doivent réciter les chanoines, les moments où la station debout est obligatoire sont très longs. Pour aider les religieux, "quelqu'un" eut un jour l'idée de fixer sous l'abattant du siège une petite sellette en saillie contre laquelle le religieux peut s'appuyer quand il est debout : il a l'air debout, mais prend légèrement appui sur ce qu'on appelle la "miséricorde" ou "patience".
Cette sellette est elle-même soutenue par un bloc de bois que les artisans vont utiliser comme support à leur sculpture : au XIIIè et XIVè siècle, la décoration des miséricordes est d'inspiration végétale, mais on voit apparaître un décor figuratif dès le XVè siècle et petit à petit les êtres humains viennent peupler les miséricordes.