Terravecchia (Sicile)
Le bourg médiéval et moderne de TERRAVECCHIA
(Sicile, province de Raguse, commune de Giarratana)
Présentation du site
Au sud-est de la Sicile, à 25 km de Raguse, le site de Terravecchia est placé dans un environnement de collines escarpées sur le versant occidental de la vallée de l’Irminio et au pied des Monts Lauro. Ce complexe castral, associé à une importante agglomération urbaine, se trouve sur le territoire actuel de la commune de Giarratana, sur un éperon volcanique situé à la confluence du torrent Miele et du fleuve Irminio. Dans cette zone élevée du territoire ibleo, cet ancien bourg a été détruit par le tremblement de terre de 1693 et entièrement abandonné.

Vue d’ensemble des deux promontoires de la ville de Terravecchia (cl. 2008)
Ce site déserté constitue un domaine privilégié de l’archéologie. Il offre un excellent terrain de recherche dans la mesure où c’est un ensemble clos et d’une dimension assez limitée pour être étudié intégralement. Ce site présente trois atouts majeurs : une fossilisation depuis la fin du XVIIe siècle, un potentiel archéologique diversifié (château, églises, habitats civils) et des sources historiques abondantes qui permettent la confrontation avec les données archéologiques.
À partir d’une méthodologie déjà bien expérimentée, il s’agit de mener une archéologie fondée sur l’étude de l’organisation spatiale et de la culture matérielle d’une petite ville à vocation agricole dominante. Le devenir du site après son abandon fait également partie de la recherche.
Objectifs scientifiques
Participer à des programmes internationaux permet d’exporter et d’exposer le savoir-faire de notre équipe de recherche, tout en profitant des apports des autres groupes scientifiques à l’étranger. En outre, le programme sicilien est intégré à la thématique générale de notre Equipe d’Accueil (n°4284 du Ministère de la Recherche) intitulée « Pouvoirs, territoires et ethnopaysages de l’Antiquité à l’époque moderne » : Terravecchia est un bourg rural au centre d’un terroir fossilisé, organisé en plusieurs paroisses et dominé par un château. Il s’agit, sur le plan méthodologique, de vérifier la pertinence de notre approche pluridisciplinaire dans une sphère culturelle différente et, sur le plan problématique, de rechercher des invariants relationnels.
Les objectifs scientifiques à long terme sont :
- établir une chronologie générale du site en dégageant de grandes phases et reconstituer l’historique
- connaître les modalités de l’installation de l’agglomération et contribuer à l’étude des formes de l’occupation des sols en Sicile, du Moyen Age à l’époque moderne
- définir la nature et l’évolution de l’agglomération
- déterminer les modes de gestion et d’utilisation du territoire, dans son cadre social
- comprendre les relations de cette agglomération avec les autres pôles de la région et son intégration dans les circuits commerciaux et politiques
- saisir la culture matérielle de cette agglomération dans toutes ses dimensions et ses relations internes.
Pour mener à bien cette enquête de longue haleine, il a été nécessaire, d’évaluer et de restituer l’étendue du site par un relevé topographique complet tout en s’efforçant de cerner la durée d’occupation, d’abord par des ramassages de surface et ensuite par des fouilles ponctuelles. Les divers instruments de recherche, que sont le relevé topographique, la prospection terrestre et la fouille ciblée, ont aidé à comprendre l’organisation spatiale du site en déterminant les espaces de pouvoirs (château, églises…), les lieux de vie (habitats civils, zones artisanales…) et les cheminements (voies principales, ruelles, places…). Une fois l’agglomération restituée dans son plan et dans ses structures, il fut indispensable de la replacer dans son environnement topographique, naturel, historique et économique, par le biais de prospections-inventaires.

Bibliographie
« Étude architecturale d’une ville abandonnée au XVIIe siècle, Terravecchia », Archéologia, n° 410, avril 2004, pp. 58-67.
