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Présentation du programme
PaleoportRue (« Paléogéographie et évolution du port médiéval de Rue (Somme) » ; 2011-2014)


Étude menée avec le soutien duLAHM (Laboratoire Archéologie Histoire Picardie,EA 4284 TRAME - Textes, Représentations, Archéologie, autorité et Mémoire de l'antiquité à la renaissance- UPJV) avec un financement du Conseil régional de Picardie.

Coordination : Stéphane Desruelles (Maître de conférences à l’Université de Picardie - Jules Verne, Amiens)
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Le programmePaléogéographie et évolution du port médiéval de Rue (Somme)” (PaléoportRue) est mené, de 2011 à 2014, avec le soutien du LAHM (Laboratoire d’Archéologie et d’Histoire Médiévales rattaché à l’EA 4284 TRAME - Textes, Représentations, Archéologie, autorité et Mémoire de l’antiquité à la renaissance de l’Université de Picardie Jules Verne) avec un financement du Conseil régional de Picardie.
Il est accompli en collaboration avec l’UMR 7330 (CNRS, Université Aix-Marseille, IRD) CEREGE (Centre Européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) et le service du Patrimoine de la municipalité de Rue.

 

Contexte géographique


La ville de Rue est aujourd’hui à environ 7 km du trait de côte (situé l’ouest) dans la plaine du maritime picarde. Selon différentes sources historiques, elle était lors de son édification à l’époque gallo-romaine et jusqu’au moyen-âge un des principaux ports maritimes de la côte picarde. « Rua Supra Mare » (« Rue sur Mer ») aurait été fondée par les habitants d’une ancienne ville « Britannia » qui aurait disparu à la suite de ravages par des guerres et d’une submersion par la mer. Rue sur Mer aurait alors été bâtie sur un îlot de galets (appelé « foraine »), situé à l’embouchure d’un fleuve côtier, la Maye. Cette position aurait permis aux habitants de Rue de bénéficier des eaux de mer et de la rivière pour la pratique de la pêche et le transport des denrées.

Vue vers le Nord-Ouest de Rue à partir du beffroi.  Les terrains humides en arrière-plan étaient-ils occupés par un chenal d’écoulement de la Maye plus large qu’aujourd’hui et/ou par la mer au moyen-âge ?

 

Des aménagements portuaires maritimes auraient été mis en place à l’Ouest de la ville fortifiée. Au Nord de la ville, un port fluvial aurait été installé sur la Maye. À partir des sources historiqueset d’études géologiques menées dans les années 1970 et 1980, des panneaux d’information (voir la photo 2) et des reconstitutions ont été réalisés.  Certaines d’entre elles sont présentées jusqu’en avril 2012 au beffroi de Rue à l’occasion de l’exposition « Rue sur Mer, au temps de ses premières fortifications », réalisée grâce à des recherches accomplies par Karine Bellart (agent du patrimoine à Rue). Cependant, aucun vestige d’aménagement portuaire n’a été pour l’instant retrouvé.

Emplacement du « Port du Bastion des Balances » au Nord de Rue. Il s’agirait d’un port fluvial utilisé jusqu’au XIVe siècle. Pour y accoster, des embarcations à fond plat devaient remonter l’estuaire et une partie du cours de la Maye. Ce port aurait connu un problème d’ensablement dès le moyen-âge.

 

À proximité de Rue, le schorre (appelé « mollières »), les prés salés et les marais auraient été utilisés comme pâturages pour les moutons et comme zones de refuge en cas d’invasions. Des salines auraient été établies sur la plage au XIe siècle.

Le colmatage sédimentaire de l’estuaire, dans un premier temps causé par des dynamiques naturelles, aurait progressivement réduit l’accessibilité maritime de Rue sur Mer et entravé ses activités commerciales. Dès le XIIIe siècle, des tentatives de désensablement auraient été accomplies, mais il semble qu’au XIVe siècle, le port maritime de Rue n’était plus accessible par la mer. Cette évolution a ensuite été accentuée par la poldérisation de la plaine du Marquenterre, avec la construction de digues (renclôtures) entre les foraines, à partir de la fin du XVIIIe siècle puis de digues dès le XIXe siècle.


Objectifs du programme


L’objectif principal du programme PaléoportRue est de confirmer et éventuellement de préciser les reconstitutions existantes concernant Rue et ses environs par l’acquisition de données de terrain (sédimentologiques, notamment) et d’informations documentaires, aériennes et cartographiques. Ce programme devrait également permettre d’obtenir des connaissances nouvelles sur les interactions entre les sociétés et leur environnement, notamment sur l’utilisation des ressources naturelles situées à proximité (sel, tourbe, ressources halieutiques…), dans une perspective diachronique. Comment évoluent les rapports entre les sociétés et leur “milieu ” dans la plaine du Marquenterre ?
Ce travail géoarchéologique pluridisciplinaire, réunissant des géographes, des géophysiciens, des sédimentologues, des historiens et des archéologues, amènera à proposer des reconstitutions paysagères en 2D et en 3D au moyen d’un système d’information géographique (SIG).