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La mise en place par les pouvoirs publics d'une politique structurée de lutte contre les drogues a évolué depuis les années 1980 vers une amélioration des dispositifs de coordination de la lutte contre la toxicomanie. Alors que les efforts étaient concentrés sur les substances dites «dures», la notion de dangerosité des substances consommées a émergé avec la publication du rapport1 «Roques». Dans ce rapport, l'alcool a été classé parmi les substances dangereuses, parce qu'il induit de très fortes dépendances physique et psychique et présente de fortes toxicités générales, neuronales et sociales.
Le dernier rapport de l'OFDT montre que dans la population générale adulte, l'alcool est de loin la substance psychoactive la plus consommée. Neuf pour cent des français présentent des signes de dépendance actuelle ou passée et peuvent être considérés comme ayant, ou ayant eu, un usage problématique avec l'alcool. La consommation d'alcool est directement à l'origine d'un certain nombre de pathologies (cirrhose du foie, névrite optique, polynévrite, syndrome d'alcoolisme fœtal) pour lesquelles l'imputabilité ne fait aucun doute. Mais l'alcool intervient aussi de façon plus ou moins directe dans un grand nombre de pathologies: cancers des voies aéro-digestives supérieures, cancers du foie chez les patients ayant développé une cirrhose. L'alcool est aussi de façon certaine, impliqué dans le développement de pathologies cardio-vasculaires et psychiatriques, et directement dans les accidents (conduite automobile, vie domestiques, lieux de travail) et dans les comportements violents, chez l'adulte et chez le jeune.
Des études récentes montrent que l'alcool représente 30% du coût de l'ensemble des pathologies considérées. Le montant global des dépenses imputables à l'alcool est estimé à 17.6 milliards d'€. La prévalence des problèmes d'alcool chez les personnes hospitalisées peut atteindre 24% dans les services de court séjour2 et 30 à 40% dans les services de psychiatrie, ce qui signe sans ambiguïté la morbidité liée à la consommation excessive d'alcool et/ou à la dépendance.
Toutes les modalités de consommation d'alcool ne deviennent pas des consommations pathologiques et le comportement de dépendance, défini dans le DSMIV, avec perte du contrôle de la consommation, ne concerne que 10% des consommateurs. S'il est impossible d'établir un "seuil" individuel de consommation induisant une dépendance, de nombreuses études montrent que la dépendance à l'alcool est une pathologie très polymorphe, tant dans son expression que dans son étiologie au sein d'une même population.
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