Marie Frétigny et Jérôme Bazin, rédacteurs en chef
|
« Pourquoi rapprocher le terme de réalisme de celui de genre (gender) ? Pourquoi chercher à croiser l’étude d’une forme artistique et l’analyse de la construction de différences sexuelles ? Cette démarche est née du constat suivant : beaucoup d’historien(ne)s d’art qui ont posé la question du genre dans cette discipline ont par ailleurs travaillé sur l’art réaliste et ont commencé à élaborer leurs hypothèses et leurs instruments d’analyse sur le genre à partir de l’étude de ce courant, avant d’aborder bien d’autres formes artistiques. Les cas les plus éloquents sont Linda Nochlin et ses études sur Courbet (Nochlin 1976), Griselda Pollock et son travail sur Millet (Pollock 1977) et Cassatt (Pollock 1980) ou Edward Lucie-Smith avec son ouvrage sur le réalisme américain (Lucie-Smith 1994). Le réalisme apparaît ainsi comme le laboratoire des analyses sur le genre et c’est cette affinité entre les deux questionnements qu’il s’agit de comprendre.» |
|
Frédéric Chevreux, rédacteur en chef
|
« La thématique de la dépense est venue à notre esprit non sans raisons. En effet, le temps que chacun de nous – membres oucollaborateurs de la revue Corridor – "dépensons" à l’élaboration de cette revue est conséquent, mais n’est peut-être pas aussi visible
que l’est quelque autre forme d’activité. Similairement, songeons à des clichés photographiques exposés dans un musée, devant lesquels des spectateurs passent sans nécessairement se rendre compte du temps que l’artiste a employé pour réaliser chacun d’eux. Cette dépense est interprétable selon plusieurs perspectives, mais la plupart d’entre nous la voyons comme un "investissem-ent" nécessaire pour faire surgir les faits les plus ordinaires. Partant de cette "dépense" au sens pratique, nous nous sommes remémorés les propos de Georges Bataille qui reste l’une des plus grandes sourcesd’inspiration sur la question...»
. |
Frédéric Chevreux, rédacteur en chef
|
« Pourquoi avons-nous choisi d’appeler cette revue "Corridor" ? Si nous reprenons simplement la définition du Petit Robert, le corridor est un "passage couvert mettant en communication plusieurs pièces d’un même étage". Le projet de cette revue est d’être ce passage qui met précisément en communications plusieurs chercheurs d’un même "monde", autour des sciences humaines et sociales, et qu’on désigne de plus en plus en tant que domaine des "humanités". Nous espérons ainsi voir "passer" bien des sujets, voire même qu’ils puissent "repasser", encore et encore, pour que d’autres futurs chercheurs saisissent une occasion de les teinter de leurs propres hypothèses. La recherche est vivante, et elle demeure dans son inachèvement perpétuelle dixit Georges Bataille. »
|
|